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L'ACTUALITE DU MOIS

Mai 2007

DROIT DE VOTE ET RELIGION

 

 

Actualité nationale oblige, impossibe de passer cette période sans penser aux élections présidentielles.

Prudence oblige, il faut en parler sans prendre partie pour qui que ce soit.

Et même si je le voulais, je ne le pourrai pas car je suis complètement apolitique.

Que faire alors ?

Un brève rappel historique sur la naissance du droit de vote et de son évolution au cours des années.

Oui, mais on a déjà tout dit ou presque dans les médias, que peut-on apporter de plus ?

J'y suis !

Une brève défintition du droit de vote, son exercice par la gente féminine et dernière évolution notable, son exercice par rapport à ses convictions religieuses.

L'exercice du droit de vote, quelque peu boudé par ses dépositaires a "explosé" lors du 1er tour de l'élection présidentielle de 2007. En effet, le taux de participation a été identique à celui de l'élection présidentielle de 1969, même s'il n'atteint pas le taux maximal de 100% de participation.

Souhaiter la réalisation de cette performance est une gageure relevant de l'utopie, même si sur le territoire de la Mère Patrie, elle a été atteinte dans une ou plusieurs petites communes. Et d'aucuns se sont largement satisfaits de ce résultat.

Le droit de vote est une résultante intrinsèque de l'égalité des droits des hommes et des femmes.

Affirmation qui n'est pas gratuite.

Définition du droit de vote

Le vote est "l'acte par lequel un citoyen participe, en se prononçant dans un sens déterminé, au choix de ses réprésentants ou à la prise d'une décision" (lexique des termes juridiques - dalloz). Toute personne française majeure détient ce droit.

Bref rappel historique

Lors de l'élaboration de la Constitution de 1789, les révolutionnaires n'avaient pas pensé à la gente féminine. Si, c'est vrai.

Bien que l'article 1er de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 énonce que :" Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits", il s'agissait là d'accorder ce droit à l'homme, au sens étymologique et biologique : l'être humain doté d'un organe sexuel masculin. Et non pas de l'homme au sens général tel que l'on le conçoit actuellement afin de distinguer l'être humain du reste de la faune animale.

Bien que ce débat soit actuellement dépassé, il est tout de même choquant de constater que la gente féminine, porteuse de l'espèce humaine, n'avait pas le droit de s'exprimer dans la société dans laquelle elle vivait.

A cette époque, une femme nommée Olympe de Gouges a été torturée et tuée le 3 novembre 1793 pour avoir écrit une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, mais la raison officielle de sa condamnation a été d'avoir publiquement souhaité un régime politique de type fédéral.

Par ailleurs, dans certains pays musulmans, le droit de vote n'est pas reconnu aux femmes, et dans d'autres aucun droit ne leur est reconnu.

En France, ce n'est qu'en 1944, par une ordonnance du 21 avril , que ce droit leur a été attribué.

En conséquence, ce droit chèrement acquis par la gente féminine, devrait être utilisé à chaque occasion.

Une autre problématique relative à l'exercice du droit de vote s'est récemment posé du fait du déroulement du vote en deux temps : le samedi pour les DOM et le dimanche pour le territoire métropolitain, afin de "valoriser" le vote "domien".

ADVENTISME ET JUDAISME : même combat

Courant Avril 2007, une nouvelle revendication a été formulée par les adhérents des courants idéologiques et/ou religieux adventiste et juif.

En effet, ils ont demandé à pouvoir exercé leur droit de vote dans des conditions différentes de celles établies.

Regrettant de n'avoir pu voter lors du premier tour à cause du sabbat, ils ont souhaité que la durée de l'horaire imparti pour voter soit allongée.

En effet, pour ces deux courants juif et adventiste, s'inspirant de principes divins, le sabbat, jour de repos imposé par Dieu respectiviement dans la Thora et dans la Bible, il ne leur est pas permis d'accomplir certaines activités.

Pour l'Adventiste, cette interdiction se trouve dans la bible, Exode 20 : 8-11 :

"Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier. Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le jour du repos de l'Eternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes portes. Car en six jours l'Eternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s'est reposé, le septième jour : c'est pourquoi l'Eternel a béni le jour du repos et l'a sanctifié".

Faute d'exemplaire de la Torah ou du Talmuld, je ne peux donner de référence précise sur l'origne de l'interdiction observée par le judaîsme.

L'exigence divine relative au Sabbat impose au croyant de s'abstenir de toute activité autre que religieuse.

Selon le Judaîsme et l'Adventisme, cette période spéciale de dévotion débute le vendredi soir au coucher du soleil pour se terminer le samedi suivant au coucher du soleil, car selon leur interprétation, une journée de 24 h débute au coucher du soleil pour se terminer au coucher de soleil suivant et non de minuit à minuit.

D'où l'impossibilité de voter avant 18 h car à cette période de l'année le soleil se couche plus tard et le Sabbat n'est pas terminé.

Comment donc concilier droit de vote -obligation du citoyen et liberté religieuse dans un Etat laïc ?

La liberté de religion (ou liberté de conscience) est un droit au même titre que le droit de vote.

En effet, la loi du 9 décembre 1905 énonce que " la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes..."

Le Conseil Constitutionnel, dans une décision du 23 novembre 1977, affirme que la liberté d'enseignement et de conscience est un principe fondamental reconnu par les lois de la République.

L'article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958 énonce que "la France est une République laîque. Elle respecte les croyances".

L'Etat se veut neutre. Mais, dans sa neutralité et dans son devoir de faire rescpecter le droit, il a tout de même recencé et répertorié les différents courants de pensée considérés comme des sectes. Il est évident que le Judaisme, l'une des 5 grandes religions mondiales (parmi le catholicisme, le boudhisme, l'hindouisme, l'islam) n'en fait pas parties.

Et, l'Adventisme non plus n'est pas considéré comme une secte.

Il a été fait droit à la demande de ces deux mouvements religieux et le samedi 5 mai 2007, en Martinique et en Guadeloupe, des bureaux de vote seront ouverts jusqu'à 20 h pour leur permettre de voter, d'exercer leur devoir civique dans le respect de leurs profondes convictions.

Ceci est une avancée significative pour les libertés.

Peut-on en conclure que ces permissions seront de nouveau accordées à l'avenir ?

V.M.E

Le coin de la Morale
 
 

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